J'ai détesté être une enfant
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J’ai détesté être une enfant, et vous savez quoi ? Ce n’est vraiment pas la mer à boire

Pour beaucoup, l’enfance est un souvenir doux, chaud et rassurant. Ce n’est pas mon cas. Mon enfance ne répond pas pour autant à la définition de l’enfer. Loin de moi cette idée. Néanmoins, je préfère largement être une grande fille. N’en déplaise au reste du monde.

Je n’ai pas vécu une enfance difficile. Au contraire, j’ai deux parents aimants, qui m’ont choyée, gâtée et élevée dans une douce maisonnée. Tout pour être heureuse. Et pourtant, j’étais une enfant frustrée et triste. C’est peut-être une maladie inhérente aux enfants uniques, égocentriques et nombrilistes. Mais j’ai cessé de me sentir coupable. Je suis quelqu’un d’égoïste et d’impatient. Telle est ma nature. Comme tout le monde, j’ai des défauts. Mais je me soigne et j’imagine que le reconnaître fait partie du processus d’assainissement. Néanmoins, petite, la sagesse de l’expérience ne m’avait pas encore touchée de sa grâce. Alors, ma frustration et mon impatience étaient des poids que je traînais comme un boulet à ma cheville.

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Moi, 5 ans, devant mon bol d’Apple Mini’s.

Je fais partie de la génération Lolita. Ces petites filles qui ont grandi avec un référentiel pop ambiguë, entre Britney, Alizée et Lorie. Des vedettes à l’image vertueuse, mais pourtant ultra sexualisée, jouant sur la gamme de l’ambivalence. Je voulais être elles. Jouer à imiter leurs chorégraphies dans la cour de récré ne m’amusait pas. Je ressentais le besoin irrépressible d’être grande, tout de suite, maintenant. Une jolie blonde sexy, mince et couronnée de succès. S’il y avait eu un bouton pour sauter directement de mes 7 à mes 19 ans, j’aurais appuyé tout de suite dessus, sans hésiter une seule seconde. Or, j’étais une gamine boulotte, laide et un peu gauche. Et il fallait que je fasse avec. Ce qui m’agaçait au plus haut point.

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Ado buffy
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Le jour où j’ai découvert que je n’étais plus une ado

À presque 25 ans, il était temps, me direz-vous. Pourtant, j’ai encore du mal à me considérer comme une adulte. Il a fallu que je percute de plein de fouet une bande de jeunes filles en fleur sur Twitter pour me rendre compte que je n’avais plus 17 ans.

 

Lundi 13 juin, rédaction Web d’Euronews.
2 PM

Je suis fatiguée, j’ai faim et je n’ai pas envie de rendre ce maudit article sur le Salon de l’armement à Paris. On risquerait de m’en donner plus à faire. Discretos, je zone sur Twitter. #Onesttousmanon en TT France.

Putaiiin, mais c’est qui Manon ? Peut-être une victime française des attentats d’Orlando ? Et là, la personne mature que je suis devenue m’explose une première fois à la figure. Le scoop. Si mon intuition est fondée, je tiens le scoop. L’info n’est encore tombée nulle part. Je suis chez Euronews et je l’ai, je l’ai, JE L’AI. Jamais Morbid Kitty, mon moi de 15 ans au liner jusqu’aux cernes et au rouge qui déborde, n’aurait réagi de la sorte. Kit aurait vite satisfait sa curiosité malsaine et pourrit un peu la timeline, avant de retourner à son crush du moment.

Bref, je clique sur le hashtag en question. Mon enthousiasme retombe comme un soufflé. Manon n’a jamais mis les pieds à Orlando. Pire. Je ne comprends rien aux tweets prépubères qui déferlent sur mon écran. « Harmopute », « askip, c’est une fake », « elle nous a mis une disquette », « elle demandait des nudes »… Whaaat ? C’est quoi les bails ? Me dis-je en langage châtié de vieille jeune. Qu’essayent-ils de nous dire ?

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