Quatre livres qui ont changé ma vie
Culture & lifestyle

Quatre livres qui ont changé ma vie (et qui pourraient peut-être changer la vôtre, après tout, on n’sait jamais…)

Un beau matin, je caressais nonchalamment les tranches des livres sagement disposés dans ma bibliothèque. C’est alors que je ressentis un frisson particulier au hasard de certaines œuvres littéraires. Un frisson qui m’inspira aussitôt un impératif de partage.

Louise Rennison Le journal intime de Georgia Nicolson

Ma saga jeunesse : Le journal intime de Georgia Nicolson (Louise Rennison)

Il est des livres qui vous donnent envie de lire, d’autres qui vous donnent envie d’écrire. Pour moi, la série des Confessions de Georgia Nicolson fut immédiatement rattachée à la seconde catégorie. Je devais avoir 8 ou 9 ans lorsque le premier tome, Mon nez, mon chat, l’amour et moi, est passé entre mes mains dans un rayon de la Fnac. Je n’avais alors jamais rien lu de tel. Jusqu’alors, les livres pour jeunes filles se limitaient aux niaiseries des sagas littéraires comme Cœur grenadine, Danse ou Quatre filles et un jean. Rien ne ressemblait à Georgia Nicolson, son humour décapant et surtout ses préoccupations adolescentes. Des premières règles aux baisers sur la bouche en passant par les émois pseudo-érotiques de sa bande de copines, rien n’a jamais été tabou pour cette jeune Anglaise.

Dans les faits, les dix tomes de ce journal intime ne racontent rien d’exceptionnel. Ce ne sont ni plus ni moins que les tranches de vie d’une adolescente ordinaire, parmi d’autres adolescents ordinaires. Néanmoins, le traitement demeure des plus géniaux. Louise Rennison est très certainement l’une des auteurs britanniques les plus hilarantes que la Terre n’ait jamais portée. La traduction française impeccable de Cathrine Gilbert a d’ailleurs su garder le style mordant, direct et sans détour de l’œuvre originale. Ainsi, nous avons droit à nombre de fulgurances grandiloquentes telles que « Je trace hilare à dos de chameau véloce » au lieu d’un simple « au revoir », ou encore : « Il fait frisquet de la nouille ». Un monument absolument culte.

Céline Voyage au bout de la nuit

Mon classique : Voyage au bout de la nuit (Céline)

Cet été-là, j’avais trouvé un job étudiant en terres luxembourgeoises. Je faisais le ménage, tard le soir, dans les bureaux d’une grande banque du plateau du Kirchberg. Pour m’y rendre, une heure de train était nécessaire. Une heure que je tuais sur ma vieille Gameboy, à refaire les premières versions de Pokemon. Or, une après-midi, je m’aperçus juste avant mon départ que ma console portable n’avait plus de pile. J’attrapai donc en vitesse un bouquin au hasard sur l’étagère de ma mère. Ce bouquin, c’était Voyage au bout de la nuit. L’immense œuvre de Louis-Ferdinand Céline que je déplorais de ne pas avoir lu. Imaginez alors la résonance de ce récit tout en désillusions sur moi, alors résolue à épousseter les mêmes claviers, nettoyer les mêmes miroirs, récurer les mêmes toilettes, soir après soir.

Le premier roman de Céline demeure effectivement cruellement intemporel. S’il est la chronique d’une époque, de la Première guerre mondiale en passant par les colonies africaines, le fordisme américain, et jusqu’au flou artistique des lendemains d’après-guerre, il n’en garde pas moins ce goût amer que laisse l’euphorie de la jeunesse après s’être heurtée aux murs glaçants et froids de l’ère moderne. Un avenir maussade et, en fait de réussite, des résolutions contraintes, loin des grandes ambitions initiales. Ce récit trouve, encore aujourd’hui, un écho douloureusement pessimiste dans notre société contemporaine. Voyage au bout de la nuit se distingue ainsi comme la définition même du chef-d’œuvre.

Frédéric Beigbeder Un roman français

Ma révélation : Un roman français (Frédéric Beigbeder)

J’ai lu quasiment tout Beigbeder. Toutefois, sans réellement savoir pourquoi. J’ai enchaîné Les Mémoires d’un jeune homme dérangé, Nouvelles sous ecstasy, 99 Francs, L’Amour dure trois ans… Toujours en admirant le talent pour l’écriture du Monsieur, mais sans jamais en garder un souvenir impérissable. Quelque chose m’empêchait de l’apprécier pleinement. Sûrement toute cette grandiloquence auto-satisfaite qui, à la longue, devenait lourdement superficielle. C’est alors qu’Un roman français brisa toutes mes convictions sur cet auteur-star. Enfin, Beigbeder m’a parlé. En parlant de lui. Ceci aurait dû m’horripiler. Mais la mise à nu fut si belle et si sensible que je ne pus que m’y plonger avec passion. Dans Un roman français, Frédéric Beigbeder tente de comprendre pourquoi il a sciemment oublié une partie de son enfance.

Et c’est dans une démarche freudienne qu’il entreprend de combler les manques en reconstituant son histoire familiale. Entre une mère décrite comme une fille du peuple et un père issu de la haute-bourgeoisie, l’auteur a toujours eu le sentiment de naviguer entre deux eaux. Et ce, dès leur divorce. Légitime ni d’un côté, ni de l’autre, il ne se sentira jamais à la hauteur de la réussite sociale de son père. Pourtant, son frère y parvient sans encombre… On croise dans cette autobiographie tous les clichés inhérents à la personnalité bourgeoise et parisienne de son auteur. Toutefois, Beigbeder ne se réfugie plus derrière ce ton impertinent et désabusé qu’il empruntait autrefois. Au fil des pages, l’homme s’assume. Dans sa stature et ses contradictions. Un cheminement intime qu’il partage volontiers avec son lecteur. On découvre alors l’artiste, bien loin des écueils pudibonds de ces œuvres de jeunesse.

Virginie Despentes Bye bye Blondie

Mon choc adolescent : Bye bye Blondie (Virginie Despentes)

Concernant Despentes, je suis étrangement une fan de la première heure. Un peu trop jeune à l’époque du sulfureux Baise-moi, je ressentis néanmoins mes premières fulgurances d’esprit critique en l’écoutant faire la promotion de ses œuvres à l’aurore des années 2000. Cette nana coiffée approximativement et aux dents mal alignées parlait pornographie et prostitution de manière assumée à des heures de grande écoute. Et cela suffisait à me fasciner. Car elle était à contre-courant. À contre-courant de tout ce que le fond de morale chrétienne m’avait enseigné à moi, la gamine née au début des années 90. Dès que je fus en âge de m’attaquer à son œuvre, j’ai vidé le rayon à son nom dans une libraire de ma ville natale. Et j’ai tout dévoré. Sans en perdre une miette. L’adolescente que j’étais alors avait adoré ces portrait de femmes au vitriol, ce don pour décrire une révolte bouillonnante jusqu’alors mal assumée…

Et dire qu’Isabelle Alonso avait dézingué l’adaptation de Baise-moi sans même l’avoir vue dans Pourquoi je suis devenue chienne de garde ! Elle n’avait décidément rien compris. Si aujourd’hui, je reconnais que certains des premiers livres de Despentes se révèlent moins brillants que d’autres, l’un d’entre eux n’a jamais cessé de faire battre mon petit punk d’éternelle punkette en soquettes à rayures. Bye bye Blondie oscille entre les souvenirs adolescents de la grande époque punk eighties et une histoire d’amour tortueuse à l’âge adulte. Un parallèle évident avec ma jeunesse parmi les emos du début de ce siècle. S’il s’agit de mon Despentes préféré, ce n’est pas tant celui-ci que je tenais à partager, mais l’ensemble de l’œuvre de son auteur. Des livres en forme de chocs frontaux qui constituent un pan incontournable de la littérature féministe moderne.

Sur ce, je trace hilare à dos de chameau véloce !

signature

Encore + d’histoires croustillantes ?

Ca vient…
Bienvenue dans le Girly gang !
Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.