Culture & lifestyle

On va voir quoi au ciné ? Le Grand bain, Les Animaux fantastiques ou Bohemian Rhapsody ?

Cette saison automnale se révèle des plus prolifiques quant à la production cinématographique. Dans un esprit de partage et de franche camaraderie, j’ai traîné mes guêtres dans les salles obscures pour vous aider à choisir parmi les trois grands hits du moment…

Le Grand Bain film

Génération désenchantée : Le Grand bain (Gilles Lellouche)

On nous avait vendu Le Grand bain plus volontiers comme une comédie, et non comme une réflexion sur les espoirs déchus des quarante-cinquantenaires de notre siècle. Autant dire que le spectateur hébété se prend une sacrée claque, car le métrage joue en effet admirablement sur les deux tableaux. La bande à Lellouche se révèle d’une sincérité troublante et bouleversante. Chacun, à sa manière, témoigne de la morosité de ce triste début de siècle, où l’euphorie des décennies passées a laissé place à la crise économique, au burn-out et au trop-plein numérique.

Blasés, tous déprimés, nos nageurs du dimanche ont décidé d’accomplir quelque chose pour le bonheur de leur ego en détresse. Ce sera un championnat du monde de natation synchronisée. Une idée saugrenue qui prête à sourire. Et pourtant… Même le plus cynique des spectateurs ne pourra s’empêcher d’esquisser un sourire. Devant le slip de bain de Philippe Katherine, le braquage d’un Décathlon ou un Poelvoorde vendeur de piscines. Une petite larme aussi, pour les amours déçues de la coach en natation ou l’effarement d’un fils devant sa mère sénile. Un très beau film. Tout simplement.

Les Animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald

Fast-food movie : Les Animaux fantastiques, les crimes de Grindelwald (David Yates)

Les Animaux fantastiques premier du nom avait ceci de plaisant qu’il se contentait de nous proposer une sympathique aventure dans notre bien-aimé royaume des sorciers. La trame se voulait archétypique mais agréable, le scénario banal mais divertissant, et le casting principal oubliable mais attachant. On n’a certes pas crié au chef-d’œuvre, mais le contrat était rempli. De la magie et des bestioles fantastiques qui bougent en 3D. On n’en demandait pas plus et nous avons été servis. Sauf que. J.-K. Rowling, habituée à se faire traiter de génie, a dû se sentir frustrée.

Et c’est certainement pour cette raison qu’elle a décidé d’étoffer plus conséquemment le scénario du second volet… Jusqu’à le rendre indigeste. Il y avait bien une créature magique à sauver quelque part, justifiant ainsi la présence de Norbert Dragonneau, mais nous n’en avons aucun souvenir à la fin de la projection. Bien sûr, le concept même de cette saga consiste à inclure la petite histoire dans la grande. Sauf qu’ici, la grande a bouffé la petite. Et le charme n’opère plus. On s’embourbe dans les détails d’un récit d’avénement dictatorial vu et revu cent fois… Sans grand intérêt et insignifiant.

Bohemian Rhapsody

Fiche Wikipédia : Bohemian Rhapsody (Bryan Singer)

Peut-être ne suis-je pas objective ? Une petite anecdote pour que vous compreniez à quel point j’aime Queen. Une fois, une collègue m’a avoué ignorer qui était Freddie Mercury. Je lui ai passé l’album A night at the Opera en boucle pendant deux jours sur notre lieu de travail avec, pour devoir à la maison, le visionnage du concert de Wembley et d’Highlander. Or, voyez-vous, quand on aime Queen à ce point, on ne peut pas prétendre que Bohemian Rhapsody nous ait fait passer un mauvais moment. Deux heures des meilleurs sons du plus grand groupe de l’univers avec des plans live épiques made in Singer… Comment ne pas apprécier ?

Néanmoins, je n’ai pu m’empêcher de ressentir une légère pointe de déception. En effet, le principal échec de Bohemian Rhapsody se résume en un seul mot : superficialité. Nous n’assistons qu’à une vague succession de moments-clés dans la vie de Freddie Mercury sans réel fil rouge, rendant l’œuvre dans son ensemble très plate et sans relief. Du fun à la pelle, certes, mais pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent. Même le laborieux enregistrement du fameux Bohemian Rhapsody est expédié dans un montage de milieu de film sans plus de cérémonie. Toutefois, j’encourage vivement les fans à se précipiter dans les salles obscures. Queen en Dolby stéréo sur grand écran : ça n’a pas de prix.

Cordialement sur vos écrans,

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