Toni Collette
Culture & lifestyle

Deux films et une série pour comprendre et aimer Toni Collette, cette actrice méconnue mais admirable

L’autre soir, alors que je flânais sur Netflix, je fus happée par la série Wanderlust avec, dans l’un des rôles principaux, Toni Collette – l’une de mes actrices préférées. « Gueule » d’Hollywood, son physique atypique l’a souvent conduite à jouer des rôles de paumée. Néanmoins, avec le temps, elle a su en faire une force. D’où l’envie qui me pousse à vous faire (re)découvrir cette incroyable personne en trois rôles mythiques.

 

Muriel film

Commencer par le commencement

Muriel (Muriel’s Wedding, Paul John Hogan – 1994)

Lorsqu’on s’attaque à la filmographie de Toni Collette, il est essentiel de faire un détour par Muriel, tant ce premier succès influença sa carrière par la suite. Dans ce film, l’actrice joue un rôle qui va lui coller à la peau pendant de longues années : celui de la plouc australienne, un peu gauche et dépressive. Et l’on ne peut s’empêcher de penser que, peut-être, Toni Collette – elle-même issue du bush – est le visage et l’ambassadrice de cette jeunesse australienne d’un autre âge qui aspirait à un avenir meilleur. Or, voyez-vous, tout comme la Muriel du film, Toni s’est progressivement extirpée de ces clichés pour pouvoir refléter une toute autre image.

Muriel propulsa cependant brillamment sa carrière d’actrice. En effet, actor studio oblige, elle prit d’abord 18 kilos pour le rôle, puis s’exerça aux manières et à l’argot des pauvres filles sans éclat des banlieues australiennes. Tant et si bien qu’on ressent une certaine empathie pour ce personnage qui ne brille pourtant pas par son intelligence. Muriel, comme toutes les jeunes filles de sa classe, rêve d’épouser un beau jeune homme dans une orgie de mauvais goût mêlant dentelles, noeuds de satin et roses rouges. Malheureusement, timide et pataude, elle ne sort que rarement de sa chambre où elle écoute en boucle ses cassettes du groupe ABBA. Jusqu’à ce que son amie Rhonda lui fasse comprendre que convoler en justes noces n’est pas forcément essentiel, ni même une fin en soi.

 

United states of Tara

Voir un talent éclore et s’épanouir

United states of Tara (Showtime – 2009-2011)

Produite par Steven Spielberg et créée par la talentueuse Diablo Cody, la série United states of Tara avait été acclamée par la critique et connut un succès populaire aussi fulgurant qu’éphémère, avant de s’éteindre dans l’indifférence générale après seulement trois saisons. Trois saisons remarquables où, encore auréolée du succès de Little miss sunshine, Toni Collette a pu démontrer toute l’étendue de son talent en interprétant non pas un, mais six rôles à la fois. En effet, la Tara du titre est atteinte d’un trouble dissociatif de l’identité, la poussant tour à tour à incarner un vétéran du Viet-Nam, une adolescente et même un petit animal mystérieux.

Néanmoins, l’actrice s’en sort avec une virtuosité troublante. Difficile d’accepter le fait que Buck et Alice puisse partager le même corps. Ce fut également l’occasion pour le public de voir l’Australienne en jeune fille sexy, en psycho thérapeute et en mère au foyer idéale. Des rôles où on ne l’attendait pas. D’autant plus que l’un de ses précédents succès fut Pour un garçon, avec Hugh Grant, où on l’avait découvert en mère suicidaire, mal coiffée et habillée tel l’as de pique. Le pinacle du rôle écrit pour Toni Collette à Hollywood. Après United States of Tara, la donne allait résolument changer.

 

Ma meilleure amie film

De la considération et de l’éclat

Ma meilleure amie (Miss you already, Catherine Hardwicke – 2016)

Enfin. Ce jour arriva. Peut-être pas dans l’un des films les plus marquants de sa carrière, ni même un grand succès populaire. Mais peu importe. Enfin je vis Toni Collette dans un premier rôle, en femme forte, malgré un physique que l’on prétend « atypique » et les clivages suscités par ses rôles de désaxée. Une revanche pour toutes les petites filles boulottes qui avait précédemment puisé de l’inspiration dans ses différents personnages. Rendez-vous compte : ici, Drew Barrymore lui sert de faire-valoir. Pourtant, avec ce rôle, Toni continue de parler à nos faiblesses féminines.

En effet, ce film se révèle éprouvant dans le traitement de la féminité confrontée à la maladie. Glorieuse working girl, Milly est heureuse en ménage et jouit de sa réussite sociale comme si demain n’existait pas. Malheureusement, le jour où sa meilleure amie lui apprend qu’elle est enceinte, elle se découvre un cancer du sein. Une épreuve dont elle ne réchappera pas et qui usera grandement cette précieuse amitié. Mastectomie, cheveux qui tombent, perte de libido… Les souffrances de cette femme la rendent à la fois profondément humaine et terriblement aigrie. Je mets d’ailleurs au défi quiconque possédant un tant soit peu de coeur de ne pas verser une larme devant la bouleversante interprétation de Toni Collette.

 

Sur ce, bon week-end à tous,

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