Ode à mon chien
3615 CODE MY LIFE

Ode à mon chien, ses pets et sa magnificence

L’autre jour, alors que je rentrais chez moi, la culpabilité des achats compulsifs pesant sur mes épaules, je croisai un individu de sexe masculin. Sans salutations et se pensant flatteur, celui-ci vint faire l’éloge de mes lèvres en m’imaginant moult dons pour la fellation. Je rentrai donc outrée, fulminante… Jusqu’à ce qu’une petite truffe noire fasse irruption sur le pallier.

 

Car, oui. Rien ne sait mieux me faire oublier les désagréables instants de cette vie que mon adorable compagnon. La nature l’a voulu bichon. Or, déjà à l’état de cellule, il n’en a fait qu’à sa tête. Ainsi, au lieu d’un bichon maltais, je me retrouve avec cette improbable bestiole, trop haute sur pattes, aux poils bouclés, mais pas assez pour être défini comme bichon frisé. Un bichon friltais. Certes. Mais d’une beauté sans pareil, qu’aucun pur race ne pourrait égaler. Ma mère, en fêtarde aux accents chics, a souhaité l’appeler Chivas, comme le whisky. Alors, il en a été ainsi.

Ode à mon chien
À 4 mois, déjà le plus beau.

Dès son arrivée chez nous, mon année de troisième, il s’est vite imposé comme le maître des lieux. La première nuit, déjà. Alors que nous étions résolus à le laisser dormir dans la cuisine, ses cris nocturnes déchirants firent céder ma mère. Elle l’accueillit dans sa chambre, pièce que la bête ne quitterait bientôt plus. Au point que, de nos jours, le vil canin se prélasse sur l’oreiller et la couette moelleuse, pendant que nous trimons pour gagner notre croûte. Et pourtant, mon père a longtemps essayé de lui interdire l’accès aux matelas et autres canapés… Aujourd’hui, l’homme du foyer demande poliment au bichon s’il peut s’asseoir à côté de lui devant la télé.

Chivas
« Comment oses-tu venir perturber mon repos, vulgaire humain ? »

Mais pourquoi lui refuserait-on ce si doux confort, après tout ? Poils et salissures ? Ce n’est qu’une question d’entretien… Puis, je connais un grand nombre d’humains qui perdent leurs cheveux jusque dans le siphon de la baignoire, qui renversent leur verre sur le canapé en tissu et qui, comble de l’horreur, laissent tomber leur cigarette sur le joli tapis du salon. Mon chien ne commet que rarement de telles catastrophes. J’aimerais d’ailleurs imposer la même chose à ceux qui l’obligeraient à séjourner sur un carrelage froid l’hiver. Monstres !

Ode à mon chien
« Il n’est pas né celui qui me fera dormir par terre… »

Puis, comment résister à cette tendre bouille d’ange ? Bien sûr, l’âge ne lui fait pas forcément que des cadeaux. À dix ans, Chivas a perdu ses dents de devant, jouit d’une haleine de camion-benne et flatule en continu jusqu’au bout de la nuit. Néanmoins, lorsque je le regarde, je vois toujours cet être gracile au port altier et au regard plein de tendresse. Un regard que je sais éminemment sincère. Car mon chien n’a pas besoin d’être doté de la parole pour me rendre au centuple l’amour que je lui témoigne en cédant un petit bout de canapé à ses fesses canines.

Ode à mon chien
« Tu permets que je réquisitionne ton lit ? »

Mon premier chagrin d’amour ? Il a passé des heures à lécher mes larmes lové contre ma tête. Mon concours d’entrée en journalisme ? Des jours entiers à me regarder réviser d’un air profondément inquiet. Malade ? De longues nuits couché dans mes bras pour me réchauffer. Même plus simplement, sa joie à ma vue seule, qui ne tarit pas au fil des années. Aussi, lorsque dans mon appartement de célibataire, je lui adresse la parole l’air de rien et qu’il me regarde avec le plus grand intérêt. Il répond avec le cœur et je sais interpréter la moindre de ses paroles.

Ode à mon chien
« M’en fous, toi aussi tu m’appartiens. »

Beaucoup diront que je suis une vieille fille aigrie. Malheureuse dans la vie, qui n’aime pas grand chose ni grand monde, à l’exception de son chien. Je leur répondrais simplement qu’a contrario de l’adage et certainement de leur personne, entre seule et mal accompagnée, j’ai fait le meilleur des choix. En effet, j’ai choisi le plus luxueux des partenaires. Plein d’amour et d’empathie. Fidèle. Et toujours avec moi, où que j’aille. Subir ses pets puants et ramasser ses excréments ne sont que de négligeables désagréments. Mon plus cher ami vaut bien cette peine.

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