Films méconnus pour l'automne
Culture & lifestyle

Quatre films méconnus pour rebooster son moral à l’approche de l’automne

Il commence à faire si froid qu’hier, j’ai sorti mon manteau d’hiver tout bordé de fausse fourrure noire. Un temps bruineux, une ambiance sombre… Je n’ai qu’une envie : me réfugier chez moi, lovée dans un plaid moelleux, pour regarder un film. Comédie, frissons ou même émotions, tous les genres de l’art filmique viennent tour à tour réchauffer mon cœur et mon âme glacés par les prémisses de l’automne. Et c’est souvent lors de ces séances de demi-saison que je découvre quelques pépites oubliées. Florilège.

 

Terreur sur la ligne

Terreur sur la ligne (When a stranger calls, Fred Walton – 1979)

Méconnu, Terreur sur la ligne ? Je suis la première à m’offusquer. Néanmoins, j’eus la désagréable surprise de découvrir que son évocation enthousiasmait beaucoup moins les foules que L’Exorciste ou Vendredi 13. C’est pourquoi il trouve étonnement bien sa place ici, en ce début de mois d’octobre et à l’approche d’Halloween. Pour ceux qui l’ignorent donc, Terreur sur la ligne retrace l’histoire d’une jeune baby-sitter aux prises avec un dangereux tueur. Les parents sortis, la marmaille au lit, elle entame un jeu de piste macabre avec le psychopathe qui la terrorise au téléphone.

L’histoire vous semble familière ? ScreamUrban legendsSouviens-toi l’été dernier, The Baby-sitter (sic)… Nombreuses sont les productions à lui avoir rendu hommage ou à l’avoir allègrement pillé. D’où la faiblesse actuelle du Terreur sur la ligne de 1979. Ses vieilles recettes, alors inédites à l’époque, ont aujourd’hui un méchant goût de réchauffé. Néanmoins, il fallait un chef de file. Alors, pourquoi ne pas jouer le jeu et tenter d’effacer tous les films d’horreur sortis ces dernières années de notre mémoire ? Juste pendant 97 minutes… Les premiers instants, tout simplement haletants, vous paraîtront alors d’une créativité folle. Même si le film s’essouffle par la suite, il reste un excellent divertissement pour une fraîche soirée d’automne.

 

Michael film 1996

Michael (Nora Ephron – 1996)

Si, comme moi, vous êtes sujet(te) aux petites déprimes saisonnières, peut-être qu’un film d’horreur n’est pas exactement le meilleur remède à prescrire. Une comédie, alors ? D’une mièvrerie dégoulinante ? Avec un John Travolta en roue libre et une Andie McDowell douce comme une fleur de printemps ? Ça vous tente ? Oui ? Alors, il vous faut Michael. Sorti en 1997, ce film a connu un joli succès aux États-Unis, mais est totalement passé inaperçu chez nous. Pour la plus grande joie des marmots de ma région, collés le mercredi après-midi devant RTL9 et ses grilles de programmes discount.

Si Michael relève plus du plaisir coupable que du chef-d’oeuvre insoupçonné, il nous donne à voir un John Travolta au sommet de sa forme. Impliqué dans son rôle d’archange descendu du ciel pour redonner espoir à quelques pauvres âmes, nul doute que l’acteur s’amuse beaucoup. À contre-emploi, il enchaîne les verres de whisky et les coups d’un soir, ce qui ne manquera pas d’arracher quelques sourires à son spectateur. Rappelons tout de même qu’en cette fin de siècle, John Travolta souffre encore de cette image d’éternel jeune premier que lui avait conférée Grease. Bientôt, il sera touché par la grâce de Tarantino.

 

Cuisine américaine film Eddy Mitchell Jason Lee

Cuisine américaine (Jean-Yves Pitoun – 1998)

Chouette petite fable oubliée d’un réalisateur disparu des écrans radar, Cuisine américaine a tout du film français sans prétention que l’on savoure comme le bœuf bourguignon concocté par notre grand-mère dans sa chère cocotte sans âge. À ceci près que cette production bleu blanc rouge s’offre un brin d’exotisme en la personne de Jason Lee, dont le nom n’est pas encore Earl, mais que l’on connaît déjà pour le cultissime Les Glandeurs de Kevin Smith. Avec un charmant accent, il donne la réplique à notre Eddy Mitchell national, hilarant en chef étoilé angoissé et tyrannique.

Car oui, on n’a pas attendu Bienvenue chez les Ch’tis pour faire du choc des cultures un ressort comique incontournable. Ici, l’ancien marines des grandes casseroles de réfectoire se frotte à l’exigence et au raffinement de l’assiette française. On aurait aimé un choc plus frontal, des difficultés plus marquées… Toutefois, on se laisse séduire par ce gentil commis de cuisine qui, au sein de sa brigade, ne se contentera pas de réchauffer les soupes, mais également les cœurs. Vous l’oublierez aussitôt la digestion de votre bœuf bourguignon achevée, mais la légèreté de ce long-métrage rendra le ciel gris derrière vos rideaux bleu à coup sûr.

 

In her shoes film

In her shoes (Curtis Hanson – 2005)

Dans la catégorie « Film-tellement-mal-vendu-qu’il-a-déçu-son-public », je demande In her shoes. À sa sortie, ce drame sociétal aux accents cruels nous a été présenté comme une mignonne comédie sur deux frangines que tout oppose. Toni Collette en brillante avocate coincée se heurte à une Cameron Diaz glandeuse et délurée. Vu et revu ? Oui. Sauf que. Si quelques scènes veulent nous faire sourire, le reste du film ne prête pas franchement à la rigolade. Au contraire, le long-métrage tend à dresser un portrait doux amer des différentes classes de la société américaine. Toni nous joue l’élite et Cameron, l’éternel cas social incapable de saisir la moindre bouée de sauvetage.

Les crises entre ces deux sœurs ne relèvent pas du simple couac que le sens de la famille parviendra à régler. Il s’agit plutôt de véritables fractures, douloureuses et longues à voir guérir.  Une belle fresque contemporaine qui n’est pas sans rappeler ces grands films sagas du Hollywood des années 70… À la manière d’un Nos plus belles années ou d’un A star is born de 1976, In her shoes entend saisir les fragments d’une époque : phénomènes observables, déceptions et joies. Il manquait peut-être à ce film une meilleure réception critique pour briller auprès de ses prestigieux aînés. Quel dommage.

Sur ce, bonne soirée DVD !

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1 réflexion au sujet de “Quatre films méconnus pour rebooster son moral à l’approche de l’automne”

  1. Merci pour cette belle sélection 🙂 J’en ai vu aucun de la liste ! Il faut dire qu’il existe tellement de films qui existent. Il faut avoir du temps devant soi pour tous les voir 😉 Mais avec la saison du froid qui revient j’avoue que moi aussi j’adore me glisser sous la couette pour regarder un film en fin de soirée.

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