Disneyland Paris
3615 CODE MY LIFE

Je vais à Disney, Disney, Dis-ney, DISNEEEEYYYY ! Histoire d’un caprice d’adulte

J’ai été une enfant pourrie gâtée. Ce que je voulais, je l’avais. Au prix parfois de quelques bonnes notes ou d’une bise humide à ma grande tante. Néanmoins, mes parents ne m’ont emmenée qu’une seule fois à Disneyland. Mon séjour enchanté, j’ai économisé pour me l’offrir. À 26 ans.

 

Cela fait partie du caractère raisonnable et raisonné de ma chère maman. Nous étions allés à Disneyland une fois, en 1997. Et bien que l’expérience lui ait plu au point de verser quelques larmes dans It’s a small world, je crois que son inconscient lui intimait qu’investir à nouveau dans la visite du même parc d’attractions n’était pas nécessaire. J’aurais bien pu supplier mon père à genoux. Si ça ne tenait qu’à lui, nous aurions embarqué pour Marne-la-Vallée à chaque fois que l’envie nous titillait. Seulement, chez nous, les hommes ne gèrent pas les comptes. Et fort heureusement. Sinon, un Iron man géant accueillerait les visiteurs devant la maison de mes parents – entres autres fantaisies paternelles.

Argent GIF
Mon père en possession du budget familial.

Ne vous méprenez point, chers lecteurs. N’allez pas vous imaginer que ma mère serait du genre à tendre sadiquement un ours en peluche devant un enfant sans jamais le lui donner. Non. Comme je le disais plus haut, j’ai toujours eu tout ce que je voulais. Sauf Salem le chat de Sabrina et des allers-retours à Disneyland Paris. Néanmoins, ma collection de 196 Barbie (oui, pap’s a compté) valait bien ces sacrifices. Or, il n’existe pas de personne plus désireuse que celle qui a déjà tout. J’ai nourri une profonde frustration à l’égard de ces deux objets de désir. Jusqu’au jour où je décidai qu’il me fallait combler ce vide immense. C’est pourquoi j’entrepris de taper « Salem speaking plush » sur Ebay.

Salem le chat, peluche Sabrina l'apprentie sorcière
Un jour, il sera mien. Oh, oui…

La poisse. Ce côté raisonnable et raisonné hérité de ma maman me fit freiner des quatre fers. En effet, pour acquérir ce fantastique Salem parlant, il allait me falloir débourser plus de 100 dollars. Or, je n’étais pas certaine de vouloir investir cette somme dans ce jouet de la fin des années 1990. Et ce, malgré son doux parfum de frustration enfantine. Rebutée, je m’affalai sur mon lit en soupirant. Quand soudain. Mon voisin a allumé la télé. Et quelle ne fut pas ma surprise d’entendre : « FAITES PLACE, AU PRINCE ALI ! » Je me relevai alors d’un bond, tel Eurêka dans sa baignoire. J’étais prête. Il était temps de commander mes billets pour Disneyland.

GIF joie

Mon choix se porta sur une agence de voyages locale : Euromoselle. À un prix défiant toute concurrence, j’obtins ainsi le droit de promener mon royal séant tout un week-end au pays de Mickey, hôtel et petit-dèj’ inclus. Je réservai sans complexe une chambre simple et un unique billet pour les deux parcs d’attraction. Au grand dam de la demoiselle derrière le comptoir. « Vous allez payer un supplément single. Z’êtes sûr que personne ne veut venir avec vous ? » Non, personne. Je suis seule, et alors ? Qu’est-ce que ça peut bien te faire ? « Écoutez-moi bien ma p’tite dame, répondis-je. Je vais payer votre supplément single. Et s’il le faut, j’en paierais un supplémentaire à chaque fois qu’un obstacle se dressera entre moi et les lasers de Buzz l’Éclair ! LES LASERS DE BUZZ L’ÉCLAIR, vous m’entendez ?! Piou, piou ! Star command, répondez! »

Buzz l'éclair

Quelque peu effrayée, la gentille dame accepta tout de même d’enregistrer ma réservation. Je rentrai alors chez moi en chantant, dansant et gesticulant, imitant une Mary Poppins sous LSD dans les rues de Londres. Ce soir-là, je m’endormis des étoiles plein les yeux, avec cet ancien jingle des temps reculés de ma jeunesse me trottant dans la tête : « Rien que d’y penser, ça fait rêver. » J’allais être comme ce vieillard dans les publicités de mon enfance. J’aurais tour à tour 26, 20, puis 16 et 6 ans ! Toutefois, le train-train de ma vie de jeune active me rattrapa et j’oubliai pour un temps mon futur séjour sur Main street USA, trop occupée à gagner de quoi me nourrir chaque jour que Dieu fait.

Puis, la mi-août arriva. Plus que trois semaines. Trois petites semaines à tenir avant la parade, Space Mountain, Planète Hollywood, les boutiques et les princesses. Le mondialisme américain, la surconsommation à son paroxysme, la mièvrerie du monde parfait de tonton Walt… Oui, mais. ARIEL, LA PETITE SIRÈNE, bordel ! Ce seul argument parvient à faire fondre mon vieux coeur de pierre. Il fond, fond, fond, se liquéfie et se répand comme une traînée de guimauve sur le macadam dans la fournaise du mois d’août. Vous me trouvez là si enchantée de visiter le château de La Belle au bois dormant qu’il suffit d’en parler pour que je me transforme en pile électrique. Ou plus exactement, en pile électrique dopée à la taurine et accroc à la cocaïne.

GIF excité
Moi, à l’évocation de Disneyland

Aujourd’hui, c’est J-7. Ma valise est prête, j’ai tout prévu. T-shirt Stitch, débardeur Mickey et sweat Minnie pour parer à toutes les éventualités météorologiques. Des baskets confortables prêtes à bondir d’une attraction à l’autre. Deux restaurants réservés. Un budget d’achat de conneries en plastique presque illimité. Me reste plus qu’à rencontrer Simba. Car oui, mon Disney préféré, c’est Le Roi lion. Et je sens que s’il m’arrivait de croiser Rafiki, je fondrais en larmes. Mon Dieu s’il vous plaît, épargnez-moi cette honte intersidérale. Néanmoins, la joie qui emplit mon petit coeur de vieille enfant me conforte dans une conviction : j’ai eu raison de céder à ce caprice d’adulte.

Affaire à suivre.

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4 réflexions au sujet de “Je vais à Disney, Disney, Dis-ney, DISNEEEEYYYY ! Histoire d’un caprice d’adulte”

    1. Merci Lilie 🙂 Personnellement, j’adore Disney, même si je suis plutôt du genre à fuir ce genre de compagnies mercantiles. Mais, je ne sais pas, Disney, ça m’a toujours beaucoup plu. Chacun ses plaisir coupables 😉

      J'aime

  1. Oh je te comprends, Disneyland est une endroit tellement fantastique ! Petite j’y allais à tout mes anniversaires et à chaque fois je connais les jours avec hâte haha. Puis en milieu de l’adolescence j’ai pris un passeport annuel et j’y allais une fois par semaine (oui oui). De mes 15 ans à mes 21 ans (aujourd’hui) j’ai eu un passeport annuel et j’y allais très fréquemment. Mais le mois dernier j’ai décidé de ne pas le renouveler. À force d’y aller trop souvent la magie a disparu et j’ai préféré m’en éloigné un moment pour mieux la retrouver. Tout ça pour te dire de ne pas trop en abuser 😉 Il aller de temps en temps c’est pas si mal. Une fois qu’on y va trop, ça perd son charme je trouve 🙂 Mais je reste toujours autant fan de l’univers Disney et ça ça s’arrêtera jamais je pense.

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