insomnie
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« Mon plus grand rêve, c’est de dormir » : ma vie avec l’insomnie

C’est ma plus vieille ennemie et je la traîne depuis l’enfance. L’insomnie me tourmente au point que j’ai dû apprendre à m’organiser pour pouvoir vivre décemment avec. Car oui, quand je dis « insomniaque », c’est au sens pathologique du terme.

 

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Tous mes proches vous le diront. Leurs souvenirs de moi bébé, ce sont essentiellement des crises de larmes en continu, du coucher jusqu’au petit matin. Insomnie du nourrisson. Et oui, ça existe. Je ne l’ai su que bien plus tard en parlant bêtement de mes troubles du sommeil à un médecin. Le problème, c’est que quand j’étais petite, on ne connaissait pas très bien cette pathologie. Difficile donc de trouver un remède qui aurait pu me soulager et, par la même occasion, rendre de précieuses heures de sommeil à mes pauvres parents.

Résultat : mon corps n’a pas bien assimilé à quel moment il devait se reposer. Plus grande, à l’âge où tous mes petits camarades faisaient encore la sieste, j’étais incapable de fermer l’œil. Pourtant, je sentais bien que j’étais fatiguée, qu’à moi aussi, ce petit somme ferait du bien. Mais rien n’y faisait. Je me souviens vaguement d’une enseignante de maternelle qui avait remarqué mes yeux grands ouverts. Elle m’avait permise de rester à part, allongée à regarder des livres ou triturer quelques jouets. Malheureusement, le soir venu, le sommeil ne faisait tout de même pas son oeuvre. Même si ma journée sans sieste fut longue, je ne m’endormais pas.

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Le compagnon de mes nuits d’ado

Puis, j’ai grandi. Et les choses n’ont pas changé. D’abord, j’ai pris un livre et je me suis imposé un horaire raisonnable pour le reposer. Peine perdue. Ma seule solution : lire jusqu’à ce que je tombe de fatigue, mon bouquin sur le nez. Au collège, je me suis mise à écouter la radio. 20 heures – minuit : Accord parental indispensable avec Maurad sur NRJ, puis Europe 2. Parfois, je m’endormais avec bonheur avant la fin de l’émission. Mais d’autres… Je me retrouvais à écouter le DJ de la nuit jusqu’à 4 heures du matin. Encore aujourd’hui, je m’endors avec un bouquin ou devant Netflix, toujours jusqu’à l’épuisement, toujours.

On me l’a dit et répété des centaines de fois. Il faut se mettre au lit sans plus d’activités envisageables que celle de dormir. Pour que notre corps associe le matelas sous nos fesses au sommeil. Je me le suis imposé avec une discipline de fer pendant des jours, des semaines, des mois… Aucun changement notable. Quand je m’allonge, le monologue de mes pensées devient assourdissant. Je me perds dans des considérations diverses, de l’ordre de l’anecdotique, comme du métaphysique. Y’a rien à faire, le seul moyen d’actionner le bouton « off », c’est de distraire mon esprit avec une série ou un roman, afin d’empêcher la moindre pensée de s’immiscer.

 

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Les effets du manque de sommeil

Comme tout insomniaque, je fonctionne par période. Il y a des semaines sans heurts où je vais, certes moins dormir que la moyenne, mais où dans l’ensemble, mes cycles de sommeil vont s’équilibrer. Celles-ci sont faciles à vivre. En revanche, il y a ces semaines où je vais dormir environ 13 heures au total, soit à peine deux ou trois heures par nuit. Là, c’est une épreuve. Au boulot, je m’isole. Écouteurs sur les oreilles, je fais en sorte de ne pas me laisser distraire par les autres. En effet, je peine déjà énormément à me concentrer et, par peur de l’erreur, je vérifie cent fois tout ce que je fais.

Je peux aussi me montrer, au choix, hyper irritable ou complètement euphorique. Il se peut que la moindre remarque à mon égard me fasse psychoter, me rendant complètement parano. Ou alors, je peux tout bonnement manquer de tact. Tellement fatiguée, je ne réfléchis plus aux mots qui sortent de ma bouche. D’ailleurs, j’ai l’impression qu’ils sortent tous seuls et s’échappent au loin sans que je ne puisse rien y faire. À l’inverse, je peux me montrer complètement enjouée, exagérément enjouée. Je deviens lourde, je parle fort, on arrive plus à me suivre. Alors qu’en réalité, je flotte dans du coton, toute la journée. Jusqu’à la délivrance du soir.

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Me parle pas ou j’te pète la gueule

Sur un plan physiologique enfin, le manque de sommeil m’affecte de différentes manières. Je pique du nez, bien sûr. Devant parfois lutter contre le sommeil en pleine journée, prête à sombrer à tout instant. J’ai des boutons aussi. Car oui, notre peau s’auto-régule grâce au sommeil. Et si l’on ne dort pas assez, elle n’a pas le temps de faire correctement son travail. Je souffre de fringales, car mon corps, privé de repos, cherche désespérément une source d’énergie. Puis, j’ai chaud, des bouffées de chaleur, des migraines, et des vertiges. Paye ta putain de vie d’insomniaque de merde.

 

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Des solutions ?

J’ai tout essayé. Des somnifères au pchitt de lavande sur les draps, en passant par la sophrologie. Tout a échoué. Les sédatifs peuvent fonctionner certains soirs, d’autres non. Et quand ils ne fonctionnent pas, ils augmentent mes symptômes physiologiques. J’ai même rencontré un mec un peu mystique qui m’a hypnotisée plusieurs fois. Il était connu pour faire des miracles. Pas dans mon cas. Bref, j’ai dû apprendre à vivre avec. Avoir des trucs au frigo pas trop chiants à cuisiner pour les jours de fatigue extrême. Prévoir un battement pour une sieste avant un rendez-vous, une sortie. Je n’en ai pas besoin à chaque fois, bien sûr, mais je garde cette éventualité à l’esprit.

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Thank god, I found you ❤

Toutefois, avec l’âge, j’ai réussi à diminuer considérablement le nombre de semaines sans repos. Grâce aux compléments alimentaires à la mélatonine notamment. Cette hormone du sommeil ne me permet pas de sombrer dans un sommeil profond et instantané. Cependant, lorsque je la prends, il est certain que je vais m’endormir. Pas toujours à une heure raisonnable, mais moins tardive que celles auxquelles je m’endors sans elle. Enfin, pendant mes études, j’ai découvert le yoga et la méditation. Ces activités m’aident à canaliser mon flux de pensée. Dans mon cas, elles sont bénéfiques. Aujourd’hui, je n’imagine plus ma vie sans.

Et si je partage mon expérience, c’est simplement pour vous indiquer que si vous rencontrez les mêmes soucis, la meilleure des solutions est d’accepter le problème, pour le mettre à distance, quitte à vivre avec encore un long moment. Je suis sûre qu’à force, et je garde espoir, il finira par disparaître.

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