rockyrama challenge
Culture & lifestyle, Girls & Pop Culture, Rockyrama Challenge

Rockyrama Challenge #3 : Jeunesse et Fast-food

Le Rockyrama Challenge du mois d’août vous parvient avec un peu de retard. En effet, suite à un changement de gestionnaire, ma résidence ne dispose plus d’internet en accès libre. Je me suis quand même débrouillée pour vous faire part de ces cinq films, desquels émane un thème commun : la jeunesse, naïve et insouciante.

 

Young Guns

90. Young Guns (Christopher Cain -1988)

On commence loin de tous mes genres de prédilection avec un western. L’Ouest sauvage, perso, je n’y connais rien. Lorsque j’y réfléchis, hormis quelques classiques de Sergio Leone, je ne peux citer parmi mes références cow-bow que Retour vers le futur 3Les Pétroleuses et Django Unchained. Je ne pourrais donc pas vous offrir un avis très éclairé sur la question. Toutefois, j’ai grandement apprécié Young Guns. Librement adapté de l’histoire de la guerre du Comté de Lincoln dans les années 1870, le film dresse un portait charismatique et fascinant de la bande à Billy The Kid.

Incroyablement bien rythmé, Young Guns dose à la perfection ses scènes d’action, les fulgurances comiques, ainsi que le drame latent, pressenti par la folie du personnage principal. Car le plus grand intérêt du film, c’est lui : Billy The Kid, campé par un tout jeune Émilio Estevez, au sommet de son art. Particulièrement détestable, il nous paraît à la fois délicieusement génial et insupportable. On se demanderait presque pourquoi ses potes acceptent de le suivre. Si son histoire nous est livrée ici comme une fable sur la fougue de la jeunesse, le long-métrage n’en reste pas moins cruellement vraisemblable.

En effet, la soif de vengeance et de violence de Billy ne peut aboutir qu’à une conclusion en demi-teinte, ni réellement heureuse, ni complètement tragique. Un happy-end hollywoodien nous aurait paru bien trop idiot pour cet antihéros aux antipodes des schémas de narration classiques. Je déplore cependant un final très kitsch, avec des ralentis interminables, sur une musique datée au possible. Young Guns n’en reste pas moins « un film jouissif », car comme l’avance Rockyrama, voir ces potes-dans-la vie jouer des potes-de-fiction s’avère absolument délicieux.

 

Good Burger

89. Good Burger (Brian Robbins – 1997)

Lorsque Rockyrama présente Good Burger comme un concentré des nineties, je ne peux qu’acquiescer. Parce que j’ai grandi dans ces années-là. Je fais donc rigoureusement partie de la génération Canal J et Mtv. Ce film a eu l’effet d’une énorme bouffée de nostalgie sur moi. Les deux héros sont incarnés par Kenan et Kel, stars de la sitcom éponyme – dont le générique était interprété par Coolio, au passage. On y retrouve aussi brièvement Roger, le voisin agaçant des Sister Sister. MAIS SI ! Le mec à qui les frangines rétorquaient systématiquement, « Rentre chez toi, Roger ! » Oui, je sais : en vrai, il est rappeur. Mais je ne veux pas connaître son véritable nom, il s’appelle ROGER, c’est compris ?!

Peu importe l’intrigue à base de fast-food et de jobs d’été, Good Burger s’observe comme le témoin d’une époque révolue. On retrouve la patte Nickelodeon : cet humour débile, injustifié et naïf, qui nous rappelle les enfants émerveillés et insouciants que nous étions. Car oui, ce film est plein de souvenirs. La musique hip-hop old school, la dance, les bobs, les sweats de couleurs improbables, les méchants blonds habillés tout en vinyl… On retourne avec joie en 1997, des pogs dans la poche et un berlingot Tic et Tac en bouche. Bien avant que la crise de la fin des années 2000 ne vienne briser tous nos rêves de grandeur.

Avec mon regard d’adulte, j’ai été surprise de découvrir que le film se permettait d’être inventif. Les gags sans queue ni tête s’enchaînent à une vitesse effarante : des burgers volants, un bain dans une machine à milk-shake, Kenan sur une paille géante, George Clinton dans un asile de fous (?!)… Tout ce foutoir visuel aurait du mal à apparaître dans une production actuelle. Je joue ma vieille conne pour la première fois de ma vie : Good Burger m’a fait réaliser que ma génération a connu les derniers soubresauts géniaux d’une industrie culturelle, dont la normalisation devient de plus en plus étouffante.  Et avoir une révélation pareille devant Kenan et Kel, ça bouscule sérieusement vos convictions les plus profondes.

 

Jeepers Creepers

88. Jeepers Creepers (Victor Salva – 2001)

Des films d’horreur, j’en ai vu des caisses. Des containers. Des paquebots entiers. J’ai vu des fantômes immortalisés sur VHS, des enfants possédés par le démon, des mecs perdus en forêt, des mains indépendantes de leur propriétaire, des chiens enragés, des zombis en noir et blanc, des maisons qui saignent, des psychopathes increvables et même un bonhomme en pain d’épice tueur (véridique). Plus rien ne me procurait le moindre frisson, ni même une sensation dérangeante le soir au fond de mon lit. Et pour cause :  Jeepers Creepers manquait cruellement à ma culture.

Le film raconte comment une créature monstrueuse parvient à s’emparer d’un beau jeune homme, afin d’assouvir ses pulsions sexuelles morbides. Mis en parallèle avec le passé pédophile du réalisateur, ce scénario devient particulièrement glauque, à l’image de la cave tapissée de cadavres découverte par la future victime. La course-poursuite se met rapidement en place. Celle-ci  s’avère particulièrement angoissante car, petit à petit, l’étau se resserre et plus aucune échappatoire ne paraît envisageable. Je frissonnais de pouvoir cauchemarder à nouveau.

Outre une B.O soignée et un montage aussi efficace qu’un coup de poignard dans le ventre, les effets spéciaux sont remarquablement beaux. On pourrait presque sentir la membrane froide et fragile des ailes du Creepers suinter sous nos doigts. À tel point que l’on en oublie l’aspect plastique des corps entassés dans le repaire du bourreau. Malgré quelques incohérences scénaristiques, peut-être éclaircies dans le second volet,  Jeepers Creepers se savoure d’un bout à l’autre, dans le noir, planqué sous un plaid, avec un paquet de pop-corn éventré à proximité.

 

Une Nuit en enfer

87. Une Nuit en enfer (Robert Rodriguez – 1996)

Nous sommes en 2016. J’ai récemment découvert qu’il existait des gens sur cette Terre qui n’avaient pas encore vu Une nuit en enfer. Pire. Certaines de ces personnes n’ont même jamais entendu parlé du meilleur long-métrage signé monseigneur Rodriguez. Sérieux, les gars ?! Ce film a déjà vingt ans, il serait temps de vous mettre à jour ! Quoique, au fond, je vous envie, bande de petits puceaux. Car votre défloraison va être explosive. Je vous parle d’un genre d’expérience qui ne se vit qu’une fois. Alors, je vous en prie, restez vierges de tout résumé Wikipedia ou même Allociné avant de projeter ce film, ou vous risqueriez de vous faire spoiler le meilleur twist de toute votre vie.

C’est un vieux couple d’amoureux qui a donné naissance à Une Nuit en enfer.  Les deux potes de toujours, Tarantino et Rodriguez, ont effectivement accouché ensemble de cet improbable film culte. Et cet enfant présente un peu de l’ADN de chacun de ses deux pères. La première partie s’associe naturellement à Tarantino. Nous suivons deux frangins braqueurs de banque, un peu débiles et carrément cinglés, en cavale pour le Mexique. On reconnaît effectivement les procédés déjà utilisés dans Pulp Fiction pour asseoir progressivement, lentement et efficacement le charme carnassier des personnages.

Quant à la seconde partie, nous l’attribuerons évidemment à Rodriguezpour sa violence grotesque et exacerbée, mais nous n’irons pas plus loin, afin de ne pas gâcher le plaisir des non-initiés. Personnellement, je n’avais pas revu Une Nuit en enfer depuis au moins dix ans. J’avais oublié à quel point George Clooney excellait dans son rôle de brute épaisse. J’avais aussi oublié à quel point son frère, incarné par Tarantino himself, m’avait foutu les jetons au premier visionnage. Des flashs sanglants, à la fois calmes et nerveux, viennent renforcer la personnalité psychotique et sexuellement dérangée de ce personnage. Il incarne l’une des nombreuses raisons pour lesquelles il ne faut pas passer à côté de cette expérience filmique hors du commun.

 

Risky Business

86. Risky Business (Paul Brickman – 1983)

J’avais très hâte de voir ce film, vraiment très hâte. La scène où Tom Cruise danse en caleçon, seul dans la maison de ses parents, m’a toujours beaucoup intriguée, tant elle a été reprise dans de nombreux longs-métrages et séries TV. Je m’attendais à visionner un teen-movie eighties touchant, à la John Hugues. Faute de quoi, je me retrouve avec un énorme point d’interrogation au-dessus de la tête. Dans ce film, Joel Goodson (oui, c’est subtil), un lycéen angoissé par son admission à la fac, se retrouve seul dans la maison familiale pendant une semaine. De fil en aiguille, la situation va dégénérer. Il finira par héberger un réseau de prostituées sous son toit et palper un max de blé. Voilà.

Je sais que, dans les années 80, réussite et bonheur rimaient nécessairement avec gros sous. J’admire également le caractère cru et osé de certains films grand public de cette période, en condamnant la pudeur hypocrite de notre siècle. Un siècle où il suffit, en cherchant bien, de taper « fille » sur Google Images pour avoir accès à du contenu pornographique. Il faut donc frapper fort pour me choquer. Et pourtant, je suis révoltée par le contenu de Risky Business. Le film sous-entend clairement que devenir maquereau permet d’embrasser une carrière de business man facile et lucrative. Vos gagneuses seront, de plus, ravies de vous reverser votre pourcentage. Ça les fera même mouiller. QUOI ?! C’est donc ÇA, le fameux Risky Business ?

Bon, après avoir douloureusement enfui ma colère au fond de ma culotte Petit Bateau, je me suis intéressée au message principal du film : le passage à l’âge adulte. Et ça me fait mal de l’admettre, mais j’avoue que sur ce terrain-là, Risky Business maîtrise parfaitement son sujet. Certaines étapes de cette mutation, comme la première partie de jambes en l’air, sont mises en scène de manière mystique et rituelle, presque lynchéenne. Au début du film, la caméra exclut l’enfant du cadre pour mieux marquer son obéissance résignée face à ses parents. À la fin, il partage le cadre avec eux, pour signifier qu’il assume désormais pleinement ses responsabilités. Belle trouvaille. Mais il n’empêche qu’en 2016, Risky Business, ça craint un peu quand même.

 

Pour suivre l’avancement du Rockyrama Challenge, rendez-vous sur Pinterest ! 😉
J’indique « VU » derrière les films déjà visionnés.

Les 101 meilleurs films à regarder entre amis un samedi soir (Rockyrama Vidéo Club) – 29,95 euros sur Rockyrama Shop

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s