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Culture & lifestyle, Rockyrama Challenge

Rockyrama Challenge #2 : Avec Bruce Campbell, entre le feu et la glace

Nous voici un mois après le premier volet du Rockyrama Challenge. Pour cette issue de juillet, je dois bien avouer que les cinq films qui s’offraient à moi ne m’enchantaient pas vraiment. Pourtant, j’ai croulé sous les bonnes surprises. Retour sur ces longs-métrages que je ne regrette pas d’avoir visionné…

 

Bubba Ho-tep

95. Bubba Ho-Tep (Don Coscarelli – 2002)

En tant que méga fan de la trilogie Evil Dead, j’aime énormément Bruce Campbell, un acteur parfois considéré comme raté. En cause : une flopée de films de série B d’un goût plutôt douteux. Pourtant, le « groovy Bruce » a su prouver à de maintes reprises qu’il savait surprendre. Notamment à la sortie de l’incroyable My name is Bruce, auto-parodie qu’il a lui-même réalisée. Dans ce film, un gamin somme l’acteur de sauver son village, menacé par un démon. Dans son esprit et dans celui du public, Bruce Campbell = Ash, le héros d’Evil Dead. Au début du film, le jeune homme prononce une réplique qui m’a, jusqu’alors, toujours intriguée : « Bien sûr que tu aimes Bubba Ho-Tep ! Tout le monde aime Bubba Ho-Tep ! »

Allais-je me rallier à l’avis de « tout le monde » et apprécier Bubba Ho-Tep ? C’était mal parti… Le postulat de départ avait tout pour me séduire : Elvis n’est pas mort, Kennedy non plus. Ils vivent dans une maison de retraite qui subit les assauts d’une momie égyptienne. Malheureusement, tout ça ne se prive pas d’un humour américain bien gras, à base de caca et de furoncles sur le pénis. De quoi me perdre rapidement. Pourtant, je me suis prise au jeu et oui… J’ai adoré Bubba Ho-Tep !

Comme le souligne RockyramaBruce Campbell n’a jamais « joué aussi finement. » Il s’agit effectivement de l’un des rares films où l’acteur ne fait pas son Bruce Campbell, à savoir un gros beauf américain aux actions testostéronées. Bubba Ho-Tep conçoit même un parallèle entre ses acteurs et la thématique du vieillissement, au travers de la momie et de la maison de retraite. Peut-être que si les héros d’hier avaient vécu bien plus vieux, nous aurions fini par les classer dans la case « ringards, finis ». Un peu comme Campbell, il y a quelques années. Ainsi, le film souligne que toute légende vivante finira un jour par s’éteindre, dans l’oubli et l’indifférence.

 

Hercules

94. Hercules (Lou Ferrigno – 1983)

L’épreuve ultime : un nanar ! Dieu sait que je n’aime pas ça. Et le visionnage des aventures de ce Hercules moderne, projeté dans la société des années 80, m’a vraiment fait beaucoup souffrir. Comprenez-moi, ma culture nanardesque se limite à quelques extraits de Hitman, le cobra, à l’excellent Les Seigneurs de la route et à Buffy, tueuse de vampires, le long-métrage original de 1992 (allez chercher, c’est du grand n’importe quoi). Je n’apprécie pas ce genre d’expérience filmique et Hercules ne m’a pas fait changer d’avis sur la question.

Des monologues interminables, des effets spéciaux à pleurer, un décorum kitsch à base de néons… AU SECOURS ! Et je ne vous parle même pas de l’acteur principal, déplorable. Il n’est là que pour exhiber ses muscles saillants. Un peu comme Schwarzenegger, dans Hercules à New-York. Décidément, la mythologie a bon dos ! Bref, ce film n’est qu’un énième navet sorti du fin fond des eighties, sans aucune originalité. Je lui reconnais cependant une certaine candeur amusante.

Je n’ai peut-être pas vu Hercules dans les bonnes conditions. Je l’ai vu seule, en anglais non sous-titré, en luttant pour ne pas m’endormir. Je suis certaine qu’avec des amis, en discutant et ne suivant que d’un œil, il aurait pu s’avérer extrêmement divertissant. Hercules n’est donc pas un nanar à voir absolument. Par contre, il s’agit bel et bien d’un film à regarder entre amis un samedi soir. Je lui accorde au moins ça.

 

Maniac Cop 2

93. Maniac Cop 2 (William Lustig – 1990)

Vous savez désormais à quel point j’aime Bruce Campbell. Je me réjouissais donc à l’avance de voir Maniac Cop 2. Malheureusement, Ash se fait zigouiller au tout début du film. Déception ? Non, pas du tout ! Maniac Cop 2 écume les codes du slasher, hyper éculés de nos jours. Le pitch n’a rien de surprenant pour nous, spectateurs des années 2010. Un ancien flic évincé de la police par un complot machiavélique, décide de se venger dans une crise de folie meurtrière. Bien sûr, il est invincible et bien sûr, on le soupçonne d’être une sorte de mort-vivant. Même si l’on a déjà vu cette histoire mille fois, elle fonctionne ici à la perfection.

Maniac Cop 2 contient des scènes d’action mémorables, lesquelles renforcent la tension de manière inattendue. Comme lorsque le tueur fou menotte l’héroïne principale à la portière d’une voiture en marche. De plus, le film se permet de piquer la justice américaine là où ça fait mal. On voit, par exemple, un condamné s’effondrer à l’idée de devoir retourner dans le couloir de la mort. De la même façon, le propos de base s’insurge contre la corruption au sein de la hiérarchie policière. Autant de thématiques intéressantes que l’on n’imaginait pas soulevées par ce petit film d’action sympathique.

Toutefois, les effets spéciaux ont quelque peu mal vieilli. On remarque souvent que Robert Z’dar porte un masque. Ceci ne m’a pas gâché le film pour autant. J’aurais juste aimé en savoir un peu plus sur les personnages du violeur et de l’inspecteur, lesquels deviennent des éléments importants au cours du récit. Leurs personnalités sont légèrement survolées et l’on en vient même à penser que, même si le violeur nous paraît fascinant, il serait presque dispensable au déroulement de l’intrigue.

 

Cannibal The Musical

92. Cannibal ! The Musical (Trey Parker -1993)

Certains vont bondir en me lisant, mais je ne raffole pas de South Park. Si j’apprécie le côté critique de la série, j’ai du mal avec son humour scatologique. Je peinais donc à l’idée de voir ce film, puisque les créateurs de ce dessin animé en sont les investigateurs. Toutefois, un aspect est venu aiguiser ma curiosité : il s’agit d’une comédie musicale. Et j’adore les comédies musicales, surtout si elles optent pour un ton parodique. Je reproche d’ailleurs un peu à Rockyrama de n’en avoir retenu qu’une seule dans leur classement. Ce genre, bien souvent incompris dans nos contrées, mérite de voir son blason redoré.
Cannibal ! The Musical raconte l’histoire vraie d’un groupe de mormons, partis en excursion dans les Rocheuses. Les malheureux ont beaucoup de mal à venir à bout de leur randonnée et vont se voir obligés de s’entre-dévorer pour survivre. Le seul rescapé de cette boucherie sera condamné à mort pour cannibalisme. Force m’est de constater que j’ai beaucoup aimé ce long-métrage. La première scène, fantasmée, montre le personnage principal en train de manger ses compagnons dans une chorégraphie sanglante et loufdingue. Gé-nial.

Le film constitue une parodie ouverte des comédies musicale niaises des années 50. Il en reprend tous les codes, avec des chansons volontairement débiles, toutes plus hilarantes les unes que les autres. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé celle du héros à son cheval, frisant l’indécence la plus totale. Certains gags, très « cartoons », sont également à mourir de rire. Je pense notamment à ce cadavre, qui revient à la vie à plusieurs reprises, un objet supplémentaire planté dans le corps. Bref, je suis tombée amoureuse de cet OVNI cinématographique que je compte bien m’offrir en DVD.

 

Le feu et la glace

91. La glace et le feu (Ralph Bakshi – 1983)

Je fais partie de ces rares et étranges personnes fascinées par le travail de Bakshi sur Cool World. Un film bâclé, mais plein de bonnes idées et visuellement impressionnant. C’est pourquoi La glace et le feu, considéré comme LE chef d’oeuvre de ce maître de l’animation, m’intriguait fortement. Sur le plan technique, on peut dire que je m’en suis pris plein mes petites mirettes. Inspiré des œuvres du dessinateur Frank Zapetta, on ne peut pas nier que ce film est très beau. Les personnages ont été d’abord interprétés par des acteurs, puis animés en rotoscopie. Soit redessinés image par image. Ceci donne une impression de fluidité majestueuse aux mouvements des protagonistes.

De plus, les décors peints sont également sublimes, quoiqu’un peu fixes par moment. Le seul souci de ce long-métrage réside, à mes yeux, dans son scénario. Une sombre histoire du bien contre le mal, parfois vague et floue. Tygra, la princesse pourchassée par le camp des méchants, nous donne parfois envie de lui mettre des baffes, tant son rôle de demoiselle en détresse la rend exaspérante. Certaines scènes, comme la fuite du héros, nous paraissent interminables, tandis que d’autres péripéties, comme cette sorcière qui aide puis trahit Tygra, sont trop rapidement expédiées.

Le film reste tout de même un trésor de l’héroïc fantasy. Il demeure une expérience à vivre, rien que pour sa beauté et son tour de force technique. Peut-être que son imagerie, très marquée « années 80 », souffre aujourd’hui d’un petit coup de vieux. Si son scénario s’avère facilement oubliable, de belles images nous collent durablement à la rétine. Je me souviens à peine du combat final, mais je garde en tête le trémoussement poétique de la princesse, ainsi que les pauses félines de son compagnon.

 

Pour suivre l’avancement du Rockyrama Challenge, rendez-vous sur Pinterest ! 😉
J’indique « VU » derrière les films déjà visionnés.

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Avis aux Lyonnais

Rockyrama organise, tout l’été, des projections de films cultes entièrement gratuites, au Sucre. Le Rockyrama Picture Show nous a déjà fait (re)découvrir Flashdance, pour mon plus grand bonheur, et Rocky 3. Si vous avez envie de papoter, je serais le 27 juillet à la projection de Basic Instinct. Pour des raisons familiales, je dois me rendre à Metz, dès la semaine suivante. A mon grand regret, je ne pourrais donc pas assister aux séances de PoltergeistAkira et Fight Club, les 3, 10 et 17 août. Je serais cependant là pour le bouquet final : Breakfast Club, le 24 août. Je vous ferais peut-être même un petit article, car ce film compte parmi mes préférés 🙂

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